Un psychiatre s’en mêle!

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Monsieur,

Je vous remercie d’avoir consacré temps et énergie à répondre à ma prise de position concernant la façon de meubler le croisement Sainte-Catherine et Saint-Laurent, carrefour symbolique de Montréal. Vous introduisez votre critique en étant surpris qu’un psychiatre urbain s’intéresse à son environnement et participe à un tel débat. Vous n’êtes sans doute pas le seul à être étonné, et c’est pourquoi j’aimerais vous répondre sur ce point. Rassurez-vous je n’entends pas personnaliser le débat même si 30 ans de pratique de clinicien notamment aux urgences, dans divers milieux et différents continents m’ont convaincu de l’importance des facteurs écologiques sur la manière d’agir et de penser des gens et pour ce qui m’occupe sur leur manière d’exprimer leur souffrance et donc de la soulager. Qu’elle que soit mon expérience vous pourriez à juste titre taxer mon inclinaison environnementale de subjective voire d’excessive c’est pourquoi je vous propose de revenir à des réalités plus quantifiables qui démontrent clairement que l’environnement est engagé dans l’apparition ou la progression de pathologies psychiatriques lourdes. Les faits sont malheureusement accablants.

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Nous sommes aujourd’hui mondialement frappés par une véritable épidémie de suicide qui touche à 80 % de jeunes hommes dont c’est la première cause de décès parmi les garçons de 15 à 19 ans, juste avant les accidents de la route. Cette épidémie meurtrière n’est pas répartie géographiquement de manière uniforme. Au Québec, des régions éloignées comme la Gaspésie où l’Abitibi en lutte pour leur survie sont les plus touchées si l’on fait exception de certaines communautés amérindiennes où le risque suicidaire peut-être cinq fois supérieur à la moyenne. Une récente étude de Statistique Canada nous apprend qu’à Montréal, les adolescents des quartiers pauvres risquent quatre fois plus de se suicider que ceux des quartiers riches. Mme V.Dupéré, l’auteure principale de cette étude, note qu’indépendamment des revenus ou des aléas familiaux, le quartier lui-même a un effet néfaste, « la pauvreté du quartier est un facteur de risque en soi ». On retrouve cette même fatalité dans toutes les métropoles de la mondialisation où les ghettos, les quartiers ou banlieues déshérités sont les plus à risque. « Le suicide y apparaît plus facilement comme une stratégie pour faire face à un événement difficile », conclut Mme V. Dupéré et l’OMS a même pu établir une progression de cette courbe ascendante des suicides en relation avec la détérioration des conditions de vie des peuples ou des populations.

Moins tragique mais tout aussi funeste la progression constante des stress post-traumatiques qui sont naturellement reliés directement à des facteurs environnementaux. A New York, ville pourtant familière avec toutes les peurs que suscitent les grandes métropoles le choc du 11 septembre a généré ce que les médias nomment une véritable psychose spatiale. Ce désarroi est bien connu du grand public, il se répète, il accompagne tous les chaos télé visualisés, catastrophes naturelles, ou guerres et exodes de populations.  A chaque fois face à des caméras avides de mots, et de sens, on retrouve ces visages, sans paroles, comme fondus dans des décors de désolation. L’insécurité territoriale entraîne, l’apparition de chocs traumatiques, dont comme pour la tuerie du collège Delson, les traces psychologiques se font longtemps sentir. Ces stress spatiaux qui accompagnent les situations de désastre indiquent clairement que l’harmonie spatiale des sociétés est  en ces temps de crise économique et culturelle, indispensable à l’équilibre psychologique des individus. Il est possible que ce soit ce même type de stress généralisé, l’universel qui propulse aujourd’hui la dépression et l’anxiété au premier rang des maladies recensées par l’OMS à l’échelle de notre planète fragilisée par des conflits politiques et guerriers et surtout par une menace écologique insistante.

Nous sommes confrontés comme d’autres disciplines médicales, la dermatologie par exemple alertant dernièrement sur le risque des rayons ultraviolets, à des déterminismes environnementaux en pleine mutation qui transforment les modes d’expression de la souffrance avec l’apparition de pathologies inédites, qui sont très souvent violentes. Voilà pourquoi, comme psychiatre je suis soucieux de conserver le côté humain de nos milieux de vie et de respecter leurs racines, pour préserver nos identités. C’est ce qui m’emmène à souhaiter pour le carrefour Saint-Laurent Sainte-Catherine, une construction plus vivante et moins imposante qui n’établirait pas un véritable mur entre l’Est et l‘Ouest et le Nord et le Sud, de notre métropole. Un édifice habité qui respecterait la diversité et la vitalité du quartier non seulement le Red Light mais aussi le quartier les spectacles et le cœur de Montréal, je vous remercie de m’avoir permis de mieux préciser pour tous, la légitimité et le sens de mon intervention en relation avec ma profession de psychiatre.

Dr. JEAN DOMINIQUE LECCIA

Psychiatre Prof. Adjoint.  U. McGill. Montréal
http://www.geomental.com

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Coin St-Laurent Ste-Catherine

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~ par artomoto sur juillet 30, 2009.

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