Etudes CLINIQUES d’un territoire

Etudes cliniques d’un territoire.

Au Québec, ils existent plusieurs nations autochtones, dont les Mohawk. C’est une nation puissante et combative, toujours prête à défendre son identité menacée. Les territoires Mohawk, à la frontière canado- américaine, se distingue de la très grande majorité des communautés amérindiennes, parce qu’ils sont urbains.

Avec ses 8000 habitants, la réserve de Kahnawake, n’est séparée de Montréal que par un pont,  c’est là que je travaille depuis trois ans comme psychiatre. J’ai choisi au départ de n’avoir aucune connaissance préalable à propos de leur culture. J’ai plutôt  d’abord essayé d’avoir un contact direct  avec les intervenants et avec mes patients soucieux de ce qui nous  rapprochait comme humain. C’est au fil de ma pratique, que j’ai pu découvrir les particularités de mon travail clinique auprès de cette communauté.

Dans un premier temps  nous verrons qu’elles sont les pathologies couramment rencontrées en lien avec l’histoire particulière de la Réserve. Dans un deuxième temps, nous observerons, comment ce territoire centenaire résiste, enclavé dans une  banlieue nord américaine en plein boom. Enfin nous essaierons de voir la manière dont la culture éclaire  parfois intimement le trouble, au travers de cas cliniques mais aussi de l’observation des modes de soins traditionnels.

Nous conclurons, sur une conception de la psychiatrie trans culturelle plus orientée, vers l’écoute flottante des territoires et des sujets, que sur la connaissance de leur histoire et mythologie. Une psychiatrie qui se détermine tout autant par son savoir que par la position d’ouverture des praticiens.

Clinical studies of a territory.

In Quebec there are several indigenous nations, including the Mohawk.   Powerful and combative the Mohawk nation has a history of defending its cultural identity, one that has been for centuries on the verge of extinction.  It differs from the large majority of other Amerindian communities in that its territories are located in an urban setting.

With a population of 8000, the Kahnawake Mohawk reserve where I have practice as a psychiatrist for 3 years is situated along the Canadian-American border.    Part of a greater suburban region it is separated from Montreal by a river and is accessed by a bridge.  Prior to starting my practice I chose initially to limit the extent to which I would access information about Mohawk culture.  Instead, I focused on building alliances based on cultural commonality and having direct contact with community stakeholders and my anxious patients.  This approach permitted me to discover specificities belonging to this community through clinical work.

For this discussion, the first point of interest is the observation that commonly encountered pathologies are connected to the particular history of the Mohawk reserve.  Secondly, we observed how this centuries old territory, landlocked in a booming North American suburbs struggle to resist cultural assimilation. Finally, through clinical cases, encounters with traditional customs and healing we try to understand the manner in which culture can at times highlight intimately difficulties.

We conclude, with an approach oriented more towards transcultural psychiatry, that embrace subject and territory with a more eclectic form of listening  rather than on knowledge of their history and mythology.  This Psychiatry is determined by the practitioner’s openness as well as by his savoir.

Dr. JEAN DOMINIQUE LECCIA

Psychiatrist. Assistant professor.  U. McGill. Montréal

www.geomental.com
artomoto.wordpress.com


http://www.app.org.pe/congresoapp2010.htm

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2 Réponses to “Etudes CLINIQUES d’un territoire”

  1. Jean Do,
    Je suis d’accord en partie avec ta conception de la psychiatrie trans culturelle plus orientée, vers l’écoute flottante des territoires et des sujets, que sur la connaissance de leur histoire et mythologie. Je souhaiterais que l’on travaille ensemble sur un fil conducteur, que nous avons seulement éfleuré lors du souper du Conti sur le voile de l’égyptienne psychiatre. Malgré, ta réticence, tu sais que je ne considère pas le visage comme un espace comme les autres (pour bien des raisons qu’on pourrait transiger des neurosciences cognitives aux pulsions scopiques de l’analysant) et que les images d’hier 7 aout d’un visage Mohawk de nouveau masqué (pour une question de territoire justement de Kanesatake) vient réactiver au Québec. Les effets de sens de ce mini territoire voilé qu’est le visage est à explorer et à aligner avec ta reflexion sur l’architecture et les espaces mentaux. Pensons à Christo qui voile les monuments ou à ces voilages de façade lors des rénovations urbaines, où même encore au dévoilement d’une plaque qui viendra commémorer un espace ou bâtisse; comme si lors du dévoilement on montrait qu’on avait le contrôle du temps. Une sorte d’embargo. Le moment choisi du voilement d’un visage n’est cependant pas homogène: festif lors des bals masqués, militant lors de la crise d’Oka, et… lors de mon séjour en Egypte. Identité montrée grâce au masque ou au voile ? je te laisse le soin de compléter mes points de suspension.
    Emmanuel Stip

  2. Emmanuel

    Ce n’est que ce soir que je prends connaissance de tes commentaires auxquels je suis très sensible. Tu as tout à fait raison les façades sont les visages des villes, c’est en tout cas ce qu’on en retient, je pense à ces grande fenêtres sans rideaux d’appartement éclairé sur les canaux d’Amsterdam. Une intimité qui se déplace dans les rues étroites du Red Light, ou s’exposent des femmes nues solitaires dont un simple voile nous sépare au moment des accouplements érotiques. Voilà un voile suggestif, un voile paradoxal puisqu’il dévoile. Rien naturellement pour combler tes trois points d’interrogations, qui nous plongent dans un vertige civilisationnel. C’est pour cela que j’ai choisi ce petit détour par les géographies, Amsterdam d’un côté ou les façades comme les corps sont exposés et de l’autre les villes du sud, celles des jalousies et de l’opacité des façades. La chaleur bien sûr mais surtout la volonté clairement exprimée de soustraire les femmes au regard du public. Habit et habitat ont la même étymologie. Aujourd’hui les stylistes qui nous habillent nous habitent aussi, parfums et cosmétiques, linges et objet d’intérieur.

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