Inspirée et FUTURISTE

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RÉACTION

On ne peut naturellement que se réjouir de l’indépendance et de la clairvoyance du rapport de l’OCPM, une prise de position d’autant plus pertinente qu’elle émane d’une instance ayant le souci de l’ensemble des harmonies métropolitaines. C’est sans doute dans cette perspective qu’elle interroge au-delà de la forme de la construction, le concept architectural même.

A l’endroit du Red Light, et au cœur du quartier des spectacles, le carrefour Sainte-Catherine Saint-Laurent, représente le centre géographique de Montréal. Notre métropole est éclatée, d’où la nécessité de préserver cet incontournable repère qui historiquement a accueilli l’affirmation du fait français comme les vagues successives d’immigration  qui y ont transité et qui s’y sont  implantées.

Une intersection qui géographiquement aujourd’hui encore distribue les quatre points cardinaux de la ville. Cette réalité fondamentale demande à être respectée, car ce lieu de rencontre résume à la fois l’identité houleuse et l’originalité créatrice de Montreal.

Sous prétexte de gros projets, on ne peut innocemment établir sur la Main une véritable muraille douze étages de bureau à la frontière sensible entre l’Ouest et l’Est, au moment précis où leurs forces se conjuguent pour exprimer la vitalité artistique de de notre ville ouverte au Nord vers l’immensité boréal québécoise et au Sud dans l’alignement des grandes métropoles américaines.

Le carrefour Saint-Laurent, Sainte-Catherine, doit témoigner de cet équilibre entre les quatre point cardinaux, en demeurant un centre-ville vivant capable d’accueillir l’émergence de cette citoyenneté québécoise territoriale diverse, tant désirée.

L’ouverture de ce carrefour en plein cœur du quartier des spectacles doit être préservée comme doit être préservé le tissu humain du Red Light, le centre-ville doit demeurer un véritable carrefour au sens de l’échange.

Il demande une architecture inspirée et futuriste, reflet de la période que nous vivons actuellement et capable de devenir un emblème architectural  reconnu internationalement comme un des symbole de notre ville, dans un quartier où déambulent des centaines de milliers de touristes étrangers durant les festivals.

Une construction qui permettrait à la société Angus de connaître une notoriété architecturale à la hauteur de son savoir-faire et de ses exigences écologiques.

Comme l’histoire, la géographie à parfois des ironies cruelles : le théâtre du Nouveau Monde présentait dernièrement la pièce Le Dragon bleu de Robert Lepage, ou l’auteur acteur dénonçait à portée de voix des projets en cours, la destruction des quartiers populaires au centre de Pékin au profit de tours.

Son message nous invite à plus de prudence dans la transformation de notre propre centre ville en un corridor de buildings, masquant et dénaturant ses origines géographiques ou historiques.

Les terrains vacants du centre de Montréal doivent être reconstruits en respectant le patrimoine de grande qualité existant qui ne demande qu’à être rénové, restauré au lieu d’être démoli à 80%.

Pourvu qu’on lui propose et qu’on lui en donne les moyens, la société Angus est parfaitement capable de produire un projet architectural vivant respectueux des générations passées comme des générations futures qui nous indiquent déjà de multiples façons qu’elles manquent de repères physiques et symboliques.

Jean-Dominique Leccia

6 août 2009

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