Quand la FRANCE s’exporte

QUAND LA FRANCE B. S’EXPORTE

Le Mundial ce n’est pas seulement une compétition sportive mais aussi et surtout une représentation, une scène internationale fraternelle où la France a encore plus que sur les terrains verts littéralement échoué. En Afrique du Sud, au centre de la planète médiatique, on attendait certainement mieux d’elle avec son équipe métissée et une « sous-ministre » d’origine africaine. Un bénéfice d’image et d’espoir anéanti au profit de querelles mineures et de conflits hexagonaux brutalement et totalement déplacés.

1er acte : la France, offre un terrain de football, à un Town Ship, avec en prime pour l’inauguration une équipe de France aux couleurs africaines et une « sous-ministre » des sports afro française. La table est mise pour adresser un beau message tricolore de réconciliation raciale, sur les terres de Mandela. Un bel acte symbolique et médiatique qui pour cause de psychodrame franco-français s’est transformé en un véritable désastre médiatique avec au milieu des enfants désemparés de ne voir que trop peu une équipe de France fuyant les lieux de crainte de se retrouver avec une « sous-ministre » avec laquelle ils sont en froid. Si l’on juge l’objet de la discorde à ampleur des enjeux auxquels est confronté l’Afrique du Sud, on la trouvera sans doute dérisoire. Mme la Sous-ministre, a critiqué sans doute trop « légèrement » le goût du luxe et des grands hôtels de l’équipe de France qui a lourdement réagi en boycottant toutes activités avec elle. Elle-même étroitement talonnée par sa ministre a l’humour plutôt Afrikaner, associant, Aztèques et Beefsteak. Bref, une symbolique brisée, une population mal considérée et prise en otage, une inauguration sabotée au simple fait d’une incompatibilité d’humeur. Une caricature de Français en vacances, qui ne s’arrête pas la.


2e acte : Le départ hautement médiatisé d’Anelka repartant par le premier avion pour Londres, après avoir été expulsé de l’équipe de France. Nous vivons dans un monde d’images et celle-ci était particulièrement malheureuse, dans un pays à peine libéré de l’apartheid ou l’exclusion était le lot commun des noirs sud-africains, ou les personnes de couleur étaient interdites de représenter leur pays dans les stades. Là encore, une affaire franco-française le dénouement d’une situation explosive parfaitement prévisible. En world vision, un combat de titans au finish qui pousse un joueur étoile en Angleterre dans ses abimes langagiers avec en retour une sanction digne d’un directeur d’école coloniale, l’exclusion sur le champ. Naturellement, cette décision rapide, définitive, exécutoire est totalement déplacée dans un tel contexte historique et politique. Comme son dérisoire épilogue une grève de star et les appels à l’inquisition contre les informateurs. Bref au nom de la France une aventure digne des Pieds Nickelés ou de Tintin au Congo..

Conclusion logique de cette débandade : la victoire des Bafana-Bafana Une équipe africaine porteuse d’espoir. Celui d’un futur comme l’équipe des Blanc Black Beur BBB porteuse de rêve en 98, une équipe 2010 rétrogradée BB, exit les Beurs. Une équipe additionnant vedettes aux egos blessés, s’opposant à un entraineur à la dérive, une direction dérapant dans la répression, et des joueurs s’égarant dans des surenchères suicidaires, en terrain miné. La puissance du territoire sud-africain a eu raison d’une France, s’intitulant, des Droits de l’homme, une France de façade incapable de régler ses conflits et les exportant. Sous peine d’implosion l’équipe de France ne peut seul incarner le dessein harmonieux d’un pays pluraliste qui n’existe pas. Car la France n’est ni BBB, ni BB, elle est simplement B. pas comme Barak, comme Bettencourt héritière, riche, blanche s’habillant et s’exprimant de manière élégante. Cette Cité civilisée qu’Alain Finkielkraut oppose a celles des Cités, des voyous sans civisme, osant être riche et s’exprimant mal. Porteuse d’une mission impossible, la défaite sur le terrain de notre équipe décotée BB, n’est que la métaphore logique de cette France aristocratique, décotée simple B, qui a transformé son aura d’espérance, son capital de sympathie en honteuse Berezina humaine et médiatique. Une mauvaise série B pour une France B.

Jean Dominique Leccia

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