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France Telecom : une affaire d’hommes ?

La vague de suicide chez France Télécom est  un exemple dramatique, la pointe de l’iceberg d’une véritable épidémie silencieuse, et méconnue qui frappe prioritairement les hommes. Parmi les 25 suicides recensés, 24 dont le dernier, sont des hommes dans une compagnie dont 37 % du personnel est féminin. L’O.M.S. fait état non un centre seulement en Occident, mais aussi en Chine, au Japon et en Afrique, de trois suicides d’hommes pour un de femme, en France l’Inserm  révèle que les  trois quarts des suicides sont commis par des hommes.


UNE ÉPIDÉMIE TÉRRITORIALE.

Cette véritable épidémie qui touche, les jeunes hommes dont c’est la première cause de décès, mais aussi les hommes à l’automne de la vie, n’est pas  répartie t de manière équitable.  Elle touche les zones sinistrées, friches rurales et industrielles et  se retrouve aujourd’hui au sein même de nos métropoles mondialisées. A  Montréal, indépendamment des revenus ou des aléas familiaux, les adolescents des quartiers pauvres risquent quatre fois plus de se suicider que ceux des quartiers riches. Au centre-ville, parmi les jeunes itinérants, le taux de suicide médian est multiplié par trois. Ce triste décompte Inégalitaires est mondial, les  ghettos et banlieues déshérités sont les plus exposés, comme les régions en déshérence. Des études épidémiologiques de l’OMS ont pu établir une progression de la courbe ascendante des suicides des hommes en relation avec la détérioration de leurs environnements.

UNE ÉPIDÉMIE SEXUÉE.


Pourquoi cette sensibilité particulière  Les hommes  entretiennent communément avec l’espace un rapport de maîtrise, de confrontation et parfois d’asservissement, bref un rapport d’extériorité. Leur sentiment d’impuissance, a sauver leur environnement entraine chez beaucoup un brutal séisme psychique, qui se manifeste en termes de d’épuisement, d’irritabilité ou de violence avant même qu’apparaissent tristesse ou désespoir, qui sont les dernières balises de détresse signalant l’imminence d’un danger. Un danger d’autant plus grand que leur réalité, leur espace et leur image s’effondre, rupture, chômage, faillite, maladie, aujourd’hui simple vieillissement.

UNE ÉPIDÉMIE INTIME

Le tragique décompte des suicides d’hommes relève clairement d’une hypersensibilité aux menaces qui pèsent sur nos environnements collectifs et individuels, comme en témoigne, la vague de suicides chez télécom qui n’est pas isolée. Les fermetures ou réorganisation d’entreprise qui bouleversent  la vie de milliers de travailleurs, s’accompagnent à chaque fois, de suicides d’hommes. Les victimes de la nouvelle économie mondialisée éprouvent  un sentiment d’impuissance destructeur qui les ronge, quand pour beaucoup leur  rôle de pourvoyeurs est brutalement compromis Ils se sentent trahies par des employeurs pour qui elles ont été de loyaux collaborateurs pendant une bonne partie de leur vie. Un effondrement  que vivent ceux, parfois les mêmes, dont la sphère privé se dérobe, faillites mais surtout ruptures conjugales ou affectives. Ces déroutes individuelles elles  aussi sont le théâtre de  suicides bien sur mais aussi meurtres dont malheureusement les femmes sont les premières victimes. Tragique méprise.


DES ALLIÉES NATURELLES

Les femmes participent aujourd’hui largement au maintien des harmonies spatiales; on les retrouve de plus en plus souvent dans des professions en première ligne du malaise civilisationnel santé, enseignement, aujourd’hui police et justice. Elles sont capables d’émettre un  SOS psychologiques 75% des tentatives suicidaires a l’échelle mondiale sont féminines. L’éco féminisme, voit dans cette résilience, la trace d’un rapport plus proche avec la nature au travers de l’enfantement et de la gestation qui fait du corps de la femme un espace en lui-même où s’inaugure toute existence. Peut-on faire l’hypothèse que cette proximité intime et organique permet aux femmes de mieux composer avec des situations d’instabilité environnementale, entretiennent  avec l’environnement un rapport d’intériorité tandis que les hommes le conçoivent dans un rapport d’extériorité qui lorsqu’il devient adverse peut être meurtrier.

QUE FAIRE. EN BREF ?

Immédiatement, pour les victimes du système, elles doivent d’abord passer le cap de la crise, éviter l’isolement  dans un univers qui s’éffondre. Il est nécessaire de prévoir pour  eux des lieux d’échanges proximaux permettant à des hommes fragilisés, de se retrouver, de se recomposer.  Partager des situations  permet de se  décharger du poids de son histoire et d’ouvrir le champ social   bref  de s’évader du présent avant de  disparaitre des écrans radar de la vie. Le traitement de fond de cette épidémie, engage des choix de société plus larges, se centrer sur nos milieux de vie  quand le néolibéralisme ambiant les détériore et nous divise

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Après avoir participé à leur création, et travaillé aux urgences psychiatriques dans divers hôpitaux parisiens et métropolitains, l’auteur pratique depuis 20 ans comme clinicien en Abitibi au nord-est du Québec, sur la rive sud de Montréal et sur le territoire Mohawk de Kahnawake. C’est dans ces contextes géographiques très différents qu’il a été amené à s’interroger sur le rôle que joue l’environnement dans l’origine et l’expression du trouble mental ainsi que dans son traitement. Il a mené plusieurs recherches transdisciplinaires relatives à ce sujet et il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées comme dans la presse généraliste, L’ensemble de ces travaux sont réunis sur son site et blog.

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